Démarche artistique de Marc Raynaud
C’est en travaillant et en dessinant dans plus de quarante pays que Marc Raynaud apprit à discerner les différences et à jouer avec les contrastes.
Français d’origine, c’est au Canada qu’il commença sa carrière en peignant les grands espaces et l’énergie du Rock’n roll. Puis c’est en Asie qu’il nourrira, pendant de nombreuses années, sa sensibilité et la subtilité de son pinceau. En Afrique ensuite, les dessins de Marc devinrent plus bruts, simples et directs. Aujourd’hui c’est la lumière de l’Italie du sud qui guide sa main.
Stimulé par deux professeurs exceptionnels pendant huit ans aux Ateliers des Beaux-arts à Paris, Catherine Cocatrix et Florence Greco, Marc s’exprime maintenant à travers ses collages en développant un style original, une technique personnelle, à mi-chemin entre le figuratif et l’abstrait. Ses tableaux ont l’air de peintures mais n’en sont pas, ils ne sont que des papiers collés, des journaux découpés et travaillés.
Dans un monde où règne la photo et sa force instantanée, cette voie plus lente est pour lui l'occasion de contempler ce qui l'entoure et d’illustrer ses méditations.
Marc a réalisé une quinzaine de carnets de voyage de l'Afrique à l'Asie, en passant par la Polynésie, Biarritz et la côte amalfitaine, en réunissant ses textes et ses images.
Les collages de Marc ont déjà été exposés à Londres (London Art Fair), Milan (Teatro San Babila), Paris (Rue de Seine, Galerie Etienne de Causans), Rome (Its Liquid Rome Art Space, Venise (Palazzo Albrizzi-Capello), Castellabate (Santa Maria di Castellabate Grand Hotel et à l’exposition permanente dans mon atelier), en Provence (Suze la Rousse), dans les Landes (Château du Bec du Gave), aux Rencontres d’art contemporain de Salies de Béarn (VRAC) et sur la Côte Basque (Exposition permanente dans mon atelier de Lestey Rouge).
Marc Raynaud's artistic approach
It was through working and drawing in over forty countries that Marc Raynaud learned to discern differences and play with contrasts.
Originally from France, he began his career in Canada, painting the wide-open spaces and the energy of rock and roll. He then spent many years in Asia, where he nurtured his sensitivity and honed the subtlety of his brushstrokes.
Later, in Africa, Marc's drawings became more raw, simple, and direct. Today, it is the light of southern Italy that guides his hand. Stimulated by two exceptional teachers for eight years at the Beaux-Arts workshops in Paris, Catherine Cocatrix and Florence Greco, Marc now expresses himself through collage, developing an original style and a personal technique, somewhere between figurative and abstract. His pieces look like paintings, but they are not; they are simply collages of paper, cut-up newspapers, and other works.
In a world dominated by photography and its instantaneous power, this slower pace offers him the opportunity to contemplate his surroundings and illustrate his reflections.
Marc has created some fifteen travel journals, from Africa to Asia, including Polynesia, Biarritz, and the Amalfi Coast, combining his texts and images.
Marc's collages have already been exhibited in London (London Art Fair), Milan (Teatro San Babila), Paris (Rue de Seine, Galerie Etienne de Causans), Rome (Its Liquid Rome Art Space), Venice (Palazzo Albrizzi-Capello), Castellabate (Santa Maria di Castellabate Grand Hotel and in the permanent exhibition in my studio), in Provence (Suze la Rousse), in the Landes (Château du Bec du Gave), at the Rencontres d’art contemporain de Salies de Béarn (VRAC) and on the Basque Coast (Permanent exhibition in my studio in Lestey Rouge).
Notes de l’artiste sur son travail
Quand on aime son travail, ce n’est plus un travail.
Je trouve toujours ça dur, sauf quand c’est fini.
Et c’est difficile de dire quand une œuvre est finie.
Avec cela, sans le dur, la vie ne serait pas si plaisante.
Faut-il s’arrêter ou encore peaufiner, au risque d’alourdir l’œuvre et de la trop charger.
Bien finir reste un défi pour la vie !
A la frontière de l’abstrait et du figuratif, j’adore les contrastes et les camaïeux de couleurs douces. Ma vie et mon expérience professionnelle, dans de nombreuses cultures, m’ont donné le goût des différences. J’ai découvert l’intérêt et la manière de les repérer puis de les combiner.
Bien sûr, j’adore la lumière de l’Adour et celle du sud de l’Italie, mais j’apprécie l’ombre aussi. Dans la grotte retiré du monde. Travailler dans un paysage paisible aussi bien que dans un café bruyant m’enchante. Scruter recroquevillé, au fond de la caverne, les ombres qui dansent sur les parois ou bien découper - coller, au soleil sur la terrasse d’un bar mondain, en espérant qu’une jolie créature vienne se pâmer. Tout est si beau pour qui sait regarder, même un morceau de sucre brillant de toutes ses couleurs à la lumière.
Les remarques des passants, des critiques et des admirateurs sont de multiples graines bien précieuses qui font leur chemin, même quand j’entends que mon lion ressemble à un chien.
Au milieu des journaux déchiquetés, je fais mes gommettes le matin comme si je rentrais en maternelle, délicieusement insouciant, l’esprit lavé par la nuit.
La maîtresse est belle, nous sommes tous amoureux d’elle.
Avec délicatesse, je taille dans le supplément Mode du Week-end et des jeunes filles à la peau de pêche. Il m’arrive d’en faire de fines lamelles et de les rhabiller comme avec les anciens découpages pour petites filles. Que vais-je lui mettre aujourd’hui ?
Ma grande amie la sérendipité est là, qui me guide si je m’égare. Avec elle, quand le papier vole et se colle à l’envers ou ailleurs, c’est mieux !
Parfois, au bout d’un certain temps, je crois jouer au Mikado en pêchant un petit bout perdu - recoupé déjà plusieurs fois ! – et encore caché dessous. Le puzzle n’est pas fini. Il faut lui laisser de la lumière. Un puzzle terminé a-t-il encore de l’intérêt ?
J’aime la simplicité de l’exercice et la sobriété du matériel nécessaire, un cutter et de la colle. Je l’utilise jusqu’à la dernière goutte avant de prendre un nouveau pot. Un vieux journal déjà tout tailladé peut durer très longtemps, lui aussi, avant de livrer son dernier confetti.
Si je veux du bleu, en France, mieux vaut chercher dans le quotidien du sport. En Italie, on y trouve plus de vert et en Egypte plus de rouge. Quel merveilleux voyage dans le temps que de dessiner ! Eternelle Evasion.
Peut-être aurais je du devenir bénédictin pour faire des enluminures ?
En tous cas ce travail minutieux, en silence dans la lumière du Sud, favorise la méditation et la prière, avec ce sentiment délicieux d’avoir le temps et la liberté. C’est alors que je rends grâce aux dévoués professeurs des Ateliers des Beaux-Arts de la ville de Paris, Catherine et Florence en particulier, qui m’ont aidé à regarder et mis sur la voie. « Laissez vous conduire par le pinceau » et « N’oubliez pas de représenter ce que vous ne voyez pas », merci pour leurs conseils de folie toujours bien gravés dans ma tête !
Je remercie aussi ce chef de cuisine californien qui m’a appris à utiliser un instrument coupant. Tout un art aussi !
Plutôt que d’arracher une page au calendrier, une vieille tante célibataire plaçait chaque jour, sur son immense table, une pièce de son puzzle aux mille morceaux. L’art aide à vivre, disent ils. Je vous le souhaite. Mon journal m’appelle.








